L'École et la vie
[Chronique des livres — extrait sur Gabriel Gobron]
samedi 3 novembre 1928 · p. 12 · signé Alphonse-Marius GOSSEZ.
[…] Ne croyez point que Gabriel Gobron nous mène aux antipodes. Il nous introduit Au pays des Cocolinjos et des Colindindins pour nous raconter des histoires lorraines (Éd. Ambiorix, à Rethel), et ces Cocolinjos et ces Colindindins sont les héros d'un précédent roman : L'Ermonec, qui vient de recevoir le prix Erckmann-Chatrian. Nous avons à peine abandonné les Vosges, nous voici arrivés au pays d'élection, au Rupt-de-Mad, chez Gobron. Ce sont ses paysans qu'il évoque, la Mélie Potard ou l'oncle Zéphirin, le père Corneille et Nicolas Cougouille ; ils ont l'accent traînant des anciens vignerons, plein d'expressions imagées, les habitants de Bayonville, malgré des Italiens, des Polonais, des Belges qui sont établis dans notre village, et ce n'est pas le moindre intérêt de cet ouvrage que ce rapprochement de la vieille et tenace existence rurale avec la ruée industrielle et cosmopolite, manre engeance…
Tenu par la forme même de la nouvelle dans un cadre restreint, G. Gobron trouve dans ces récits la sobriété qu'il avait un peu négligée dans L'Ermonec et qui était la qualité de ses précédents ouvrages : Les Courails de Pont-à-Mousson et Yan, fils de Maroussia, roman juif et arabe.
A.-M. GOSSEZ.