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Revue de presse · Prix Erckmann-Chatrian 1927

Le Télégramme des Vosges

La Société Erckmann-Chatrian décerne son Prix littéraire

samedi 14 avril 1928 · p. 4 · signé René d'AVRIL


La Société Erckmann-Chatrian a tenu son assemblée générale, jeudi, à 17 heures, dans la salle de la Société Industrielle de l'Est. Elle a, en même temps, décerné son prix de littérature, à M. Gabriel Gobron, originaire de Bayonville, pour l'ensemble de son œuvre, et particulièrement pour son roman L'Ermonec.

En l'absence du président de la Société, M. Emile Hinzelin, c'est M. Georges Sadler, directeur (ayant à sa droite, M. Pierre Hinzelin, trésorier, à sa gauche, M. Emile Nicolas, rapporteur du prix), qui prit la parole.

Il présenta tout d'abord les excuses de M. le préfet, qui avait accepté de présider la séance, mais que son devoir professionnel appelait à Paris, de M. Vautrin, maire de Metz, retenu par un mariage, de M. Eugène Mathis, lauréat de l'Académie Française, et précédemment de la Société Erckmann-Chatrian.

M. Sadler rendit hommage, avec émotion, à la mémoire de M. Henri Mengin, de la Société, avant même d'être élu maire de Nancy ; il rappela les principales manifestations organisées par la Société : réception à l'hôtel de ville du maréchal Lyautey, inauguration du monument Erckmann à Phalsbourg, journée d'amitié Metz — Nancy, etc., et tout en célébrant le talent de M. G. Gobron, laissa au rapporteur le soin de le faire plus amplement.

A peine le rapport du trésorier et le vote à mains levées de modifications dans les statuts, M. Emile Nicolas lut un beau rapport sur L'Ermonec, qui, dit-il, fixe les gestes d'une génération, qui plonge profondément ses racines dans la race gauloise.

La Société récompense ainsi une œuvre déjà longue que continuera le livre prochain de M. Gobron, Au pays des Cocolinjos....

M. Louis Bertrand, de l'Académie Française, et M. Ch. Bruneau, professeur de langues romanes à la Faculté des Lettres de Nancy, ont exprimé des opinions très élogieuses sur le livre de M. Gabriel Gobron.

La Société Erckmann-Chatrian récompense donc un très bel effort pour la plus grande gloire de la littérature provinciale.

Le lauréat prend à son tour la parole pour remercier le comité et justifier ce qu'il y a de rudesse dans les paroles et les gestes de ceux qu'il a peints tels qu'il les a connus, tels qu'ils sont.

Il explique de façon vraiment savoureuse les caractères de ses personnages, leur incroyable capacité de travail, cite ce trait d'un vigneron mort dans sa vigne : parti avec la hotte et que l'on ramènera dans sa hotte, et termine son allocution en ces termes : Paysans du Rupt de Mad, je ne vous trahirai pas ! si je tiens la tête plus élevée que vous, je sais que vous avez les pieds meurtris par le silex des vignes, les mains griffées par les chardons et les orties..., et je ne puis l'oublier !

Ces paroles sont très applaudies, et chacun félicite le lauréat, qu'accompagnait sa jeune femme.

Parmi les personnes présentes, se trouvaient MM. Philippe Houot, premier adjoint au maire de Nancy, Henry Brun, président de la Société Industrielle de l'Est, Millery, conseiller municipal, le docteur Imbeaux, le commandant Jeannequin, etc.

Les rapports et discours entendus, paraîtront bientôt dans le prochain Bulletin de la Société Erckmann-Chatrian.

R. d'A.

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