Le Messin, journal républicain démocrate
Le Prix Erckmann-Chatrian est remis à M. J.-P. Jean
lundi 28 février 1927 · p. 1-2
METZ ET NANCY
Le Prix Erckmann-Chatrian est remis à M. J.-P. Jean, ancien député, délégué général du Souvenir Français en Moselle
Metz et Nancy, les deux villes sœurs, dont les cœurs n'ont jamais cessé de battre à l'unisson, ont échangé hier leur mutuelle sympathie. — Un vibrant éloge de M. Jean, délégué général du Souvenir Français.
La Société Erckmann-Chatrian et la municipalité de Nancy ont été reçues hier dimanche par la municipalité messine. Cette cérémonie, qui fut empreinte du plus pur patriotisme, s'est déroulée dans le grand salon de l'hôtel de ville. Elle avait pour but la remise du prix annuel Erckmann-Chatrian à notre distingué et sympathique compatriote, J.-P. Jean, délégué général du Souvenir Français, ancien député de la Moselle.
A 11 heures, dans le grand salon de l'hôtel de ville, M. Vautrin, maire de Metz, entouré d'une délégation du conseil municipal et de nombreuses personnalités messines, reçoit la municipalité nancéienne, qu'accompagnent les membres et les amis de la Société Erckmann-Chatrian.
Après les présentations officielles, M. Vautrin, en une belle allocution, souhaite la bienvenue à nos compatriotes lorrains.
M. Devit, maire de Nancy, dit que la municipalité nancéienne ne pouvait manquer d'être profondément touchée par l'aimable invitation que lui a adressée la municipalité messine de prendre part à la belle fête organisée en vue de la remise du prix annuel de la Société Erckmann-Chatrian.
Aussi est-ce avec le plus vif empressement qu'elle y a répondu par l'envoi d'une délégation.
Très honorés de cette distinction, le maire de Nancy et ses adjoints tiennent à exprimer à la ville de Metz leurs remerciements les plus chaleureux. Ils sont d'autant plus sensibles à cette marque de sympathie qu'elle leur offre l'occasion non seulement de passer quelques heures délicieuses dans une cité bien chère à leur cœur et si pleine d'émouvants souvenirs, mais aussi de se retrouver en un étroit et amical contact avec d'excellents compatriotes.
M. Émile Hinzelin, le distingué littérateur lorrain, apporte le salut d'Erckmann-Chatrian et de tous ceux qui aiment ces deux écrivains jumeaux, ces deux amis qui travaillèrent ensemble à diverses œuvres, qu'ils signèrent de leurs deux noms réunis, et avec une telle unité de composition et de style que personne ne se doutait que deux auteurs différents se cachaient sous cette sorte de raison sociale littéraire, formée par leurs deux noms.
Émile Erckmann, après 1870, ajoute M. Hinzelin, se plaisait à dire : « Je suis né à Phalsbourg, arrondissement de Sarrebourg, département de la Meurthe, chef-lieu Nancy (France) ». Et il ajoutait : « En ce moment, Phalsbourg se rattache, non plus à Nancy, mais à Metz. J'en suis fier. Metz est une grande française. Nancéien et Messin, voilà deux prénoms qui conviennent le mieux à l'incomparable nom de Français. Vive Metz ! Vive Nancy ! ».
Le banquet
A 12 heures, après le vin d'honneur et la signature du livre d'or, un banquet amical réunissait les invités à l'Hôtel de la Ville de Lyon, dont l'excellente réputation n'est plus à faire.
A la table d'honneur, on remarquait notamment : MM. Devit, maire de Nancy, Vautrin, maire de Metz, le général de Lardemelle, gouverneur militaire, Émile Hinzelin, Ville, conseiller de préfecture, représentant le préfet de Meurthe-et-Moselle, Houot, Noël, Peltier, adjoints au maire de Nancy, Geay, sous-préfet de Metz-Campagne, Moreau, représentant M. le préfet de la Moselle, J.-P. Jean, ancien député, délégué général du S. F., Sadler, fondateur de la Société Erckmann-Chatrian, Théré, directeur du Messin, le colonel Deville, Nicolas, vice-président de la Société Erckmann-Chatrian.
Puis, nous notons ensuite MM. Hennequin, Schmitt, Hocquart, Salomon, conseillers municipaux de Metz ; Delaunay, directeur du Conservatoire, Me Castin, représentant le barreau de Metz, Fauvet, directeur de la Chambre des métiers de Nancy, M. Renesson, président du Syndicat d'Initiative de Nancy, M. René d'Avril, membre du comité Erckmann-Chatrian, Pierre Hinzelin, secrétaire de la Société Erckmann-Chatrian, M. Colotte, artiste décorateur, premier ouvrier de France à l'Exposition nationale de travail ; les membres de la presse messine et nancéienne, etc...
Les toasts
Au dessert, plusieurs toasts sont portés. M. Vautrin évoque tout d'abord des souvenirs de jeunesse et même de petites querelles de famille qui existaient autrefois entre Metz républicaine et Nancy ducale. Mais, ajoute le sympathique maire, ces temps sont lointains et ce dont il faut se souvenir avant tout, c'est qu'à l'époque de l'année terrible, Nancy a accueilli les nombreux immigrés lorrains comme aucune ville ne les a accueillis.
Lorsque, pendant les longues années d'invasion, nous voulions entendre les accents de la « Marseillaise » ou revoir flotter nos trois couleurs, c'est à Nancy que nous allions et nous y étions reçus comme des frères. Continuons à nous entendre fraternellement, comme notre rôle de villes frontières nous l'indique.
M. Devit, parlant au nom du conseil municipal de Nancy, dit combien les sentiments que vient d'exprimer M. Vautrin sont adéquats à ceux de la population nancéienne.
M. Émile Hinzelin, au nom de la Société Erckmann-Chatrian, a l'impression que de cette date naîtra quelque chose d'utile.
M. Sadler, fondateur de l'œuvre Erckmann-Chatrian, suggère l'idée d'une réunion mensuelle des anciens amis du Lycée de Metz et de Nancy. Il exprime ensuite les regrets de MM. le recteur Adam, Dôme, et enfin de M. Magre, préfet de Meurthe-et-Moselle, parent d'Erckmann-Chatrian, empêchés d'assister à cette cérémonie.
On entend ensuite M. Houot, adjoint au maire de Nancy, M. le colonel Deville et enfin M. le général de Lardemelle, qui ne peut se refuser, devant l'insistance de la salle, à conter l'histoire authentique du mariage de Mlle de Turmel, son aïeule.
M. Moreau, qui représente M. Manceron, excuse M. le préfet de la Moselle, appelé auprès de son fils, actuellement malade à Strasbourg.
La cérémonie à l'hôtel de ville
Le grand salon de l'hôtel de ville est en partie garni, lorsqu'à 15 heures entrent les invités. Dans l'assistance, on remarque notamment M. Delépée, inspecteur d'académie, M. le docteur Maret, adjoint au maire de Metz, plusieurs professeurs du Lycée, etc., etc...
M. Vautrin ouvre la séance et salue les personnalités présentes.
Nous avons interrogé l'histoire de votre passé, proclame le maire de Metz aux représentants de la ville de Nancy, et nous n'avons pas trouvé, pas plus avant 1870 qu'après, que les élus de votre ville aient jamais été reçus officiellement ici par ceux de la nôtre. Votre présence ici est donc un fait qui n'a point de précédent dans l'histoire. Et c'est pourquoi je vous demandais ce matin de vouloir bien le consacrer en apposant votre signature sur le livre d'or de notre cité. ...........
En venant ici, vous avez tenu à honorer en la personne de l'un des nôtres, la fidélité à la patrie française, que l'annexion, avec tout son cortège de deuil, de séparation et de souffrance, n'a jamais pu altérer dans les cœurs des Messins et des Lorrains devenus, en 1871, la rançon de la France.
Nul mieux que vous, chers amis de Nancy, n'a compris toute l'horreur du sacrifice que la séparation de 1871 a imposé à vos voisins de Metz. ..........
Messieurs de Nancy, dites bien aux vôtres que ceux de Metz leur tendent loyalement, fraternellement la main.
On l'a dit excellemment il y a quelques jours, avec éloquence : Nous sommes placés aux créneaux de la Patrie.
Nancéiens et Messins, montons donc la garde ensemble, la main dans la main, la France nous regarde ! — Et le monde nous observe !
L'allocution du maire de Nancy
C'est sous l'empire de cet étroit et amical contact avec des compatriotes, dit M. Devit, que le maire de Nancy apporte à la noble ville de Metz le salut confraternel de l'ancienne capitale de la Lorraine.
Qu'il me soit permis de louer tout particulièrement l'actif président de la Société Erckmann-Chatrian d'avoir choisi cette année, comme titulaire du prix de la Société, un enfant de Metz, M. J.-P. Jean, choix des plus justifiés et qui a remporté l'unanimité des suffrages. Je ne puis m'empêcher d'exprimer un regret, c'est l'absence de l'illustre et grand Lorrain, le Maréchal Lyautey, qui se serait fait un devoir de rendre un juste hommage à la valeur et aux brillantes qualités du sympathique lauréat que nous fêtons aujourd'hui.
Néanmoins, nous pouvons affirmer que les Lorrains sont fiers de leur compatriote. Non sans une vive émotion, ils se souviennent de sa magnifique attitude pendant l'annexion, alors que, président du Souvenir Français, il était en butte aux vexations et à la haine des vainqueurs.
Au début des hostilités, M. Jean, manifestant son ardent patriotisme, parvint non sans éprouver mille difficultés, à franchir les lignes et à se réfugier en France. Engagé dans la légion étrangère, il se distingua par sa bravoure et conquit de haute lutte le grade de sous-lieutenant et la croix d'officier de la Légion d'honneur. Au cours de la guerre, il fut envoyé à Nancy, où il continua à bien servir la France et où il organisa un service de renseignements des plus précieux pour les Alsaciens-Lorrains.
Nous, qui n'avons pas oublié, nous nous associons de tout cœur à cette belle manifestation dont M. Jean est l'objet en ce jour, et nous partageons l'enthousiasme de ses concitoyens.
La remise du prix Erckmann-Chatrian à M. Jean
M. Sadler, président de la Société Erckmann-Chatrian, avant de procéder à la remise du prix annuel, donne cette belle biographie de notre sympathique compatriote J.-P. Jean.
Comme rapporteur du prix annuel Erckmann-Chatrian, dit M. Sadler, je tiens à vous faire part de l'unanimité des sentiments que le comité a exprimée quand j'ai proposé au nom de la commission un lauréat messin.
Il y a longtemps, en Lorraine sous le joug, un enfant du peuple, ouvrier lithographe, animé d'une énergie et d'une foi patriotique au-dessus de tout éloge, avait créé avec autant de ténacité que de souplesse, une filiale du Souvenir Français en Alsace-Lorraine. Honorer le culte des morts de la guerre de 1870, quelle admirable mission ! Et n'était-ce pas le trait d'union sacré qui devait réunir tous les annexés devant les tombes de nos soldats français morts pour la patrie dans cette guerre malheureuse qui arrachait à la France une partie de sa Lorraine et toute l'Alsace.
Quelle émotion j'ai ressentie en relisant ces ouvrages qui retracent en toute simplicité cette belle œuvre : La Lorraine et les champs de bataille, éditée à Metz à la Librairie Sidot, en 1908 ; l'Inauguration du monument de Noisseville, épopée en prose d'une journée sublime, à l'Imprimerie Lorraine en 1908, et Le Souvenir Alsacien-Lorrain, avec comme sous-titre Son origine, son activité, sa mort, édité aussi à l'Imprimerie Lorraine en 1913, un an avant la guerre de libération. Leur auteur, J.-P. Jean, se dépensait partout sans compter ; avec lui, la France savait que le patriotisme lorrain avait dans la ville même dont les Allemands voulaient étouffer les battements d'un cœur toujours français sous une organisation militaire formidable, un animateur de la foi qui vous faisait espérer la libération et le retour certain à la mère-patrie.
La suppression pure et simple du Souvenir Alsacien-Lorain comme celle du Souvenir Français, faisait prévoir la décision prise en 1914 par le commandement allemand concernant l'ancien président du Souvenir Français en Alsace-Lorraine.
A la déclaration de guerre, Jean devait être cueilli par un piquet de soldats allemands dans la petite maison de Vallières. Le malheur, pour les boches, c'est que notre ami s'était envolé et notre joie fut grande quand quelques jours après nous apprîmes qu'il était sain et sauf à Nancy et sous-lieutenant français.
Ce que le sous-lieutenant Jean a fait pendant la guerre pour la grande cause, rien de plus difficile pour nous à dire ici, car avec le concours de notre Société Erckmann-Chatrian, immédiatement fut créé à la préfecture de Nancy le bureau militaire alsacien-lorrain et la caisse de secours pour les engagés volontaires de Lorraine et d'Alsace dans l'armée française. Parler de l'activité morale et matérielle de ses œuvres, serait contraire à la modestie que tous, à tous les titres, nous devions avoir pendant ces quatre années de lutte sans merci contre la soif d'hégémonie teutonne ; car pas un Français qui n'ait fait tout son devoir avec l'abnégation du sacrifice dans la cause sacrée, n'espérant qu'une récompense : la victoire de son pays et la délivrance de l'Alsace-Lorraine.
Après avoir publié en 1920 un ouvrage des plus sérieux : « Lorraine et Alsace », avec sa carte historique si documentée, Jean, redevenu simple citoyen, continue à se prodiguer dans toutes les réunions patriotiques comme délégué général du Souvenir Français et ce bon Lorrain accomplit ainsi la plus utile des besognes.
L'assemblée générale du Souvenir Français, qui a eu lieu à Metz dimanche dernier, en témoigne hautement.
Ta place reste ici, Jean, dans ce Metz, bastion avancé des marches de l'Est, au milieu de tes amis patriotes, car il ne faut pas oublier que sous le nom suspect d'autonomie, les Allemands recommencent une guerre chère à leur manière, contre l'Alsace et la Lorraine et ton devoir n'est pas terminé. C'est pourquoi la Société Erckmann-Chatrian est heureuse et fière de te remettre aujourd'hui sa médaille d'honneur avec son prix, pour ton œuvre passée et celle qui te reste à accomplir. Ce témoignage de reconnaissance que nous te donnons doit être à tes yeux la meilleure des marques d'affectueuse amitié pour toi et les patriotes lorrains que je salue ici.
Discours de M. Jean
Très ému de tant d'honneur à son égard, M. Jean, dans un discours dont nous ne pouvons reproduire que quelques extraits, déclare en toute sincérité que ce prix annuel qui vient de lui être décerné en présence des représentants officiels des deux villes sœurs, Metz et Nancy, il le considère uniquement comme un public hommage rendu par la Société Erckmann-Chatrian à tous ses braves et vaillants collaborateurs, ainsi qu'à tous les adhérents et compatriotes lorrains qui ont travaillé avec ardeur et courage, à maintenir ici, durant l'annexion, l'amour et la fidélité envers la Patrie absente.
C'est bien à tous ces braves et nobles cœurs que revient cet honneur.
Ce que personnellement j'ai pu faire avant la guerre, ajoute M. Jean, c'est vraiment bien peu de chose en comparaison du sacrifice et des souffrances de nos pauvres soldats de 1870.
Notre attitude et nos actes, Messieurs, n'ont été, avant 1914, que l'accomplissement d'un simple devoir qui s'imposait à notre génération, et agir autrement c'eût été renier nos pères, trahir le sang français qui coulait dans nos veines.
Ce que nous avons fait pendant la dernière guerre n'égale en rien la valeur du sacrifice consenti par nos braves soldats morts et mutilés, nos libérateurs, ni le martyre de nos pauvres et malheureux enfants de Lorraine et d'Alsace, tombés malgré eux dans les rangs allemands, et ni les douleurs et les souffrances de nos frères des régions libérées. Bien petits sommes-nous devant de tels sacrifices.
Au nom d'un grand nombre de camarades engagés volontaires alsaciens-lorrains, je renouvelle, mon cher président, mes plus sincères remerciements à la Société Erckmann-Chatrian pour l'aide morale et pécuniaire qu'elle leur a apportée pendant la guerre.
Vos compatriotes mosellans sauront toujours vous conserver fidèlement leur vieille amitié et ne peuvent oublier que toi, mon cher Sadler, ton dévouement et ta gratitude à la cause des engagés volontaires.
Ce n'est pas sans une certaine émotion que je me rappelle cette conférence : « Quarante-six ans de douleur et d'espoir », donnée le 28 mai 1916 à Nancy, alors sous les coups de canon de 380.
Aidez-nous aussi, Messieurs, dit en terminant M. Jean, à mieux nous connaître et à mieux nous comprendre entre Lorrains des quatre départements, afin de mieux faire connaître et aimer notre grande patrie, la France.
Enfin, aidez-nous à combattre plus activement et plus énergiquement les menées criminelles de certains Alsaciens et Lorrains, qui ne veulent pas admettre la rupture de l'odieux traité de Francfort par ce noble sacrifice de nos 1.500.000 morts.
Vive notre Lorraine avec ses quatre départements ! Vive la France !
La conférence d’Émile Hinzelin
Notre sympathique et distingué compatriote, Émile Hinzelin, se devait de prendre la parole devant un tel auditoire d'élite. Il le fit avec sa bonhomie coutumière et parla longuement de l'union de Metz-Nancy (sujet sur lequel nous aurons l'occasion de revenir).
De sa voix chaude, et avec son éloquence bien connue, Émile Hinzelin retraça quelques points de l'histoire d'Alsace et de Lorraine. Ces deux mots « Alsace-Lorraine », poursuit le conférencier, qui ont été forgés par de Moltke sur l'enclume de Bismarck, sont une entité factice qui doit disparaître. Il y a maintenant l'Alsace et la Lorraine et non plus l'Alsace-Lorraine. D'ailleurs, ajoute le conférencier, vous savez qu'il est dans nos intentions de voir Metz rattachée au rectorat de Nancy. Cela est nécessaire, indispensable.
Pour terminer, M. Émile Hinzelin récita ces vers d'une haute élévation de pensée :
La Lorraine et l'Alsace, ardemment attendues,
Au foyer de la France à jamais sont rendues.
Notre drapeau, dans Metz, revenu sans retour,
Est le signe sacré d'un monde en équilibre.
La route de la paix, pour une France libre,
Va de Nancy vers Metz et de Metz vers Strasbourg.
Un million cinq cent mille morts pour la France,
Près du Rhin, dans la nuit, veillent sans défaillance.
Sur nos yeux, leurs grands yeux se fixent jamais las,
Et, tout bas, exprimant leur volonté suprême,
Leur voix redit à Metz le mot de Verdun même :
« Ils ne passeront pas. Ils ne passeront pas ! »
Un télégramme à M. Poincaré
Avant de clore cette belle réunion, M. Vautrin, maire de Metz, d'accord avec M. Devit, maire de Nancy, proposa d'adresser à M. Poincaré le télégramme suivant, dont le texte fut approuvé à l'unanimité :
« Les municipalités de Nancy et Metz, réunies au cours d'une cordiale manifestation, adressent au nom des deux villes sœurs leurs respectueux hommages au grand patriote lorrain Raymond Poincaré, président du conseil. »
Signé : Vautrin, Devit, Maires de Metz et de Nancy.
Une lettre de M. Poincaré à M. Jean
En réponse au télégramme de sympathie adressé à M. Poincaré dimanche dernier, à l'occasion de l'assemblée générale du Souvenir Français, M. Jean a reçu du président du conseil la lettre suivante :
Paris, 22 février 1927.
Monsieur le Président,
J'ai bien reçu votre télégramme et j'ai été très sensible aux sentiments de confiance que vous avez bien voulu m'exprimer.
Je vous prie de vouloir bien transmettre mes remerciements à tous les membres des sections du Souvenir Français en Moselle.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assurance de mes sentiments très distingués.
R. Poincaré.