Aller au contenu
Logo du Prix Erckmann-Chatrian Prix Erckmann-Chatrian Le Goncourt lorrain · depuis 1924
Revue de presse · Prix Erckmann-Chatrian 1924

L'Est républicain

Émile Hinzelin à Nancy

dimanche 8 mars 1925 · p. 3


Une conférence sur l'œuvre d'Erckmann-Chatrian

L'assemblée générale de la Société Erckmann-Chatrian a eu lieu hier. Elle s'est tenue dans le grand hall de la Chambre de commerce.

On procéda d'abord à la réélection du comité qui se trouve constitué comme précédemment et qui compte en plus, parmi ses membres, M. Alfred Bachelet, l'éminent compositeur, directeur de notre Conservatoire.

Sur l'estrade avaient pris place : M. Emile Hinzelin ; MM. Georges Sadler, administrateur de la société ; Goutière-Vernolle, René d'Avril et Pierre Hinzelin, trésorier.

M. Goutière-Vernolle, au nom de M. Emile Nicolas, rapporteur, a donné lecture du beau travail rédigé par celui-ci sur le prix de Erckmann-Chatrian, décerné en 1924.

C'est M. Bouchot, directeur de l'école de la rue Braconnot, qui reçoit ce prix consistant en une somme de 500 francs et une superbe médaille, pour son œuvre de vulgarisation sur la Lorraine et l'Alsace, destinée aux établissements scolaires.

Le lauréat a été, bien entendu, applaudi et félicité.

Après M. Goutière-Vernolle, M. Pierre Hinzelin a donné connaissance de la situation financière de la société.

La conférence

Puis la parole a été donnée à M. Emile Hinzelin sur l'œuvre d'Erckmann-Chatrian.

Le bon poète, qui se double d'un délicat orateur, étudia et développa avec le talent qu'on lui connaît, les caractères de la production d'Erckmann et de Chatrian. Dans les Romans nationaux, ils exaltent le culte de la famille et de la patrie. Dans le Brigadier Frédéric et dans Banni, ils magnifient la beauté du travail et l'influence de l'action.

Et M. Emile Hinzelin s'égare délicieusement dans les pages du Brigadier Frédéric, où le héros du roman, devenu aveugle, est semblable au grand Œdipe, de Sophocle. L'orateur parle des vertus du labeur et, à ce sujet, il jette cette belle phrase qu'on retiendra : La paresse fait plus de mal que les épées et les canons. Il fait allusion aussi à l'orgueil professionnel, à la joyeuse fierté de l'ouvrier qui caresse de sa main créatrice un beau bronze, une moelleuse étoffe, un bois traité avec art.

C'est une occasion pour M. Emile Hinzelin de dire un mot des chambres de métier et de saluer leur rôle bienfaisant.

Le conférencier est revenu à son sujet et a terminé sur de magnifiques vers à l'adresse d'Erckmann-Chatrian.

Il a obtenu un très vif succès d'un élégant auditoire, au premier rang duquel on remarquait MM. André Magre, préfet de Meurthe-et-Moselle ; le docteur Schmitt, premier adjoint, représentant M. le maire ; Bordes, trésorier-payeur général ; Emile Friant, de l'Institut ; Bouët, sous-préfet de Lunéville ; Auriac, inspecteur d'académie ; le professeur Bourcart, Binet, doyen honoraire, etc.

Le banquet

A 7 heures et demie, un banquet intime réunissait les notabilités autour de M. Emile Hinzelin, dans un salon du restaurant Walter.

Le poète avait à sa droite M. le préfet, à sa gauche M. le maire.

Parmi les autres convives : MM. Emile Friant, Georges Sadler, Pierre Sadler, Henry Hunziker, Théo Duret, Colotte, le maître-graveur ; Bouchot, Auriac, Paul Bouët, Goutière-Vernolle, René d'Avril, Pierre Hinzelin, Georges Legey.

On apprécia le menu très fin servi par le maître Julien Walter et, à l'heure des toasts, M. G. Sadler prit la parole pour présenter les excuses de diverses personnalités (celles de M. Raymond Poincaré, en particulier), puis il but à M. Emile Hinzelin, le conférencier qui fut si goûté à la Chambre de Commerce.

D'autres toasts ont été portés par MM. Henri Mengin, André Magre, Bouchot (qui remercia la Société Erckmann-Chatrian du prix qu'elle lui avait décerné) ; enfin par le conférencier qui exprima toute sa gratitude pour l'accueil qui lui avait été fait et toute la joie qu'il éprouvait à se trouver auprès de vieux et bons amis.

Telle fut cette intéressante « journée » d'Erckmann-Chatrian, selon l'expression même de celui qui est le fidèle, le digne commentateur des deux romanciers : Emile Hinzelin.

↑