L'Est républicain
Le Prix Erckmann-Chatrian a été remis dimanche à Monnier-Zwingelstein
lundi 4 avril 1949 · p. 3
Pont-à-Mousson. — Le prix littéraire Erckmann-Chatrian a été remis, dimanche après-midi, au lauréat de 1949, André Monnier-Zwingelstein. La cérémonie s'est déroulée dans la salle des fêtes de l'hôtel de ville, sous la présidence de M. François, maire de Pont-à-Mousson. Aux côtés du lauréat on notait MM. Georges Sadler, président du Comité Erckmann-Chatrian ; Nérot, vice-président ; Perret, conseiller de préfecture, représentant M. Samama ; Vernet, adjoint au maire de Metz, représentant M. Mondon ; Braun, président du Syndicat d'Initiatives ; Henri Benoit.
Dans une allocution de bienvenue, le maire de Pont-à-Mousson salua le lauréat et le Comité Erckmann-Chatrian, qu'il remercia d'avoir choisi Pont-à-Mousson comme siège de cette remise d'un prix littéraire à un écrivain. Puis M. Georges Sadler présenta André Monnier-Zwingelstein à l'assistance. Il fit l'éloge de l'homme, du patriote, de l'ancien combattant et de l'écrivain qui consacra son talent à l'exaltation de l'Alsace et de la Lorraine dans plusieurs ouvrages qui connurent un vif succès, et dont le dernier, Clair Moutier, fut couronné par le Prix Erckmann-Chatrian.
Ce fut ensuite, après la remise du prix, la conférence d'André Monnier-Zwingelstein, qui avait pris pour sujet : La Prusse éternelle. Dans un exposé très documenté aux meilleures sources, l'orateur prouva combien avait été dangereuse pour notre pays, et en particulier pour la Lorraine et l'Alsace, la politique de la Prusse.
Examinant les faits historiques depuis la création de la Prusse par l'aristocratie teutonique jusqu'à nos jours, il révéla tous les points essentiels d'une politique qui tendit toujours à étendre vers la France le champ de ses conquêtes. Des premiers Hohenzollern à Frédéric II, Guillaume Ier et Bismarck, comme avec Hitler, ce fut cette politique prussienne d'expansion qui, en unifiant l'Allemagne, chercha à dominer. André Monnier-Zwingelstein cita plusieurs anecdotes savoureuses sur le procédé cher à Frédéric-le-Grand et consistant pour la Prusse à endosser la peau du renard lorsqu'elle ne pouvait se servir de la peau du lion.
Dans sa conclusion, l'orateur souhaita que les Alliés ne retombent plus aujourd'hui dans l'erreur de se diviser devant l'esprit prussien qui, dit-il, n'a jamais changé et demeure dans chaque variation dictatoriale ou pseudo-démocratique de l'Allemagne.