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Logo du Prix Erckmann-Chatrian Prix Erckmann-Chatrian Le Goncourt lorrain · depuis 1924
Revue de presse · Prix Erckmann-Chatrian 1949

L'Est républicain

A Lunéville où repose Émile Erckmann, Gabriel Bichet (Mohican) reçoit le « Goncourt lorrain »

lundi 24 avril 1950 · p. 2 · signé D.


Peu de Lunévillois se seront demandé ce qui valait, dimanche, à leur cité, l'honneur de recevoir le Comité Erckmann-Chatrian et le lauréat 1950 de cette littéraire compagnie. Qui ne sait à Lunéville quelle marque a laissée ici l'aîné des deux écrivains ? La célébration du cinquantenaire de la mort d’Émile Erckmann est récente… Et, nombreux furent ceux de nos concitoyens qui assistèrent à Phalsbourg, l'an dernier, à la glorification de l'illustre Phalsbourgeois, inhumé dans leur nécropole après avoir vécu ses dernières années d'exil en la paisible rue de l'Est, aujourd'hui rue Erckmann.

En couronnant à Lunéville son lauréat 1950, le Comité Erckmann-Chatrian a donné à son geste une autre portée ; il y a fait participer une élite intellectuelle — le Club des Onze et ses amis — qui a certainement lu Évadés, le livre primé, qui goûte quotidiennement la finesse du style journalistique de Mohican, et qui se délecta de l'étincelante conférence de notre confrère sur La jeune fille d'aujourd'hui.

La cérémonie avait pour cadre, on le sait, le Théâtre Municipal, ce théâtre où — allait rappeler M. Bisiaux, maire de Lunéville — Émile Erckmann vécut une journée inoubliable.

La présence de M. le sénateur Lionel-Pèlerin, maire de Nancy ; de M. Vert, adjoint au maire de Metz ; de M. Heintz, maire de Phalsbourg, conférait à la manifestation une valeur particulière.

Le président du Comité Erckmann-Chatrian, M. Georges Sadler, et Gabriel Bichet, prirent place sur la scène, entre MM. Bisiaux, maire de Lunéville, et Étienne, président du Syndicat d'Initiatives, dans un élégant décor qui s'ouvrait sur un paysage vosgien, doré par les feux du soleil. Un portrait des deux auteurs de L'Ami Fritz figurait auprès des officiels.

Aux côtés des représentants de Nancy, Metz et Phalsbourg, étaient assis Mme Jaquet, Mme Lanrezac, présidente du Club des Onze ; Mme Gabriel Bichet, M. Parent, secrétaire général de la sous-préfecture, et Mme Parent ; le colonel de Saint Martin, commandant d'armes ; Banzet, Ferry, Crabouillet et Rouyer, adjoints au maire ; le commandant Lanrezac, président de la Société des Amis des Beaux-Arts ; Leblanc, principal du collège de Phalsbourg ; Germain, principal du collège de Lunéville ; Modeste, receveur des Finances ; Perrot, président de la section locale des Anciens P.G. ; Herclet, président de la section des Évadés de Guerre ; Ribaud, bâtonnier de l'Ordre des Avocats, et diverses notabilités.

La Marseillaise et le chant fameux Dis-moi quel est ton pays préludèrent aux discours. L'hymne national fut chanté par des élèves masculins de Mme Seytre, le patriotique Dis-moi… par des fillettes dirigées par Mme Gilquin. Les deux chœurs étaient accompagnés par un petit orchestre symphonique.

Discours et causeries

C'est le maire de Lunéville qui prit le premier la parole. Il remercia le Comité Erckmann-Chatrian d'avoir choisi Lunéville pour y remettre le Goncourt lorrain. Il salua ses hôtes et ainsi réunit-il dans un même médaillon Nancy, Metz, Phalsbourg et Lunéville. Il dit, pour finir, sa gratitude à tous, organisateurs de la manifestation et assistants.

M. Georges Sadler ne voulut pas faire un discours. Sur le ton d'un entretien, il fit l'éloge du Versailles lorrain, souligna l'action persévérante du Comité Erckmann-Chatrian, promoteur de l'unité lorraine, et célébra les mérites d'Évadés » et de Gabriel Bichet à qui il donna une affectueuse accolade, après lui avoir remis le prix 1950.

Gabriel Bichet dit tout de suite qu'il ne ferait pas de conférence pré-fabriquée ; cette fois il entendait parler de façon directe, faire une simple causerie. Toutefois il prit le temps d'adresser un exquis merci à M. Sadler, à Lunéville, aux représentants de Nancy, Metz et Phalsbourg, et de mettre en relief, plaisamment, des réalités heureuses.

Gabriel Bichet apportait une idée d'ordre pratique. Il la développa avec aisance, avec charme. Il préconise un circuit touristique additionnant les attraits de Lunéville, château de l'Histoire, de Toul, château militaire ou forteresse, et de Pont-à-Mousson, château de l'intellectualité. Des petites communes comme Champenoux, Saint-Nicolas, Vaudémont, Prény, auraient leur place dans ce circuit où la gastronomie pourrait se conjuguer avec le tourisme historique. Ayant tracé son plan intéressant, Gabriel Bichet conclut en formant le vœu que se réalise pleinement cette unité lorraine dont le président Sadler est depuis 38 ans le fidèle pionnier.

Le Club des Onze apporta son hommage à Gabriel Bichet par la voix distinguée de M. Étienne ; en l'espèce, il ne pouvait avoir de meilleur interprète ; M. Étienne n'est-il pas professeur d'histoire et président du Syndicat d'Initiatives ? M. Étienne fit, lui, un discours académique aimablement orné.

Le Club des Onze concrétisa son merci en offrant à Gabriel Bichet un service à café des Faïenceries de Saint-Clément que Mlle Moreau remit à notre confrère, et à Mme Bichet une gerbe de fleurs que le colonel Brachmann apporta à la charmante jeune femme.

Gabriel Bichet reprit la parole pour exprimer sa gratitude et sa confusion et il conclut par une spirituelle déclaration à l'adresse de Lunéville.

Le matin, les hôtes de Lunéville s'étaient rendus devant la tombe d’Émile Erckmann où M. Sadler, très ému, avait déposé une gerbe de fleurs. Puis M. le maire avait montré à ses invités les beautés des Bosquets, sans leur cacher les laideurs du château. A 13 heures, un déjeuner lorrain avait été offert par la ville à l'Hôtel du Cheval Gris.

D.

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