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Logo du Prix Erckmann-Chatrian Prix Erckmann-Chatrian Le Goncourt lorrain · depuis 1924
Revue de presse · Prix Erckmann-Chatrian 1934

L'Est républicain

Le Prix Goncourt des Marches de l'Est

jeudi 26 septembre 1935 · p. 4


Dans un article publié dans le Journal des Lorrains de Paris, M. Georges Sadler fait l'historique de la Société Erckmann-Chatrian, fondée, comme on le sait, en 1914, à Nancy. Il rappelle la fondation du prix Erckmann-Chatrian dix ans après la guerre, en 1924.

« Je mis sur pied, écrit-il, la création du prix littéraire annuel appelé Prix Erckmann-Chatrian, en souvenir des deux célèbres auteurs lorrains, et non alsaciens, comme on le dit trop souvent. Ce nom était en même temps un programme. Il fallait, en principe, ne récompenser que les ouvrages se rapprochant de l'œuvre de ces romanciers. Cette orientation ne fut pas maintenue longtemps, car elle aurait écarté des candidatures qui sont l'honneur de la Lorraine, ce qui serait tout à fait regrettable et à l'encontre de nos buts.

« Ainsi, nous avons découvert un très beau romancier, à la manière d'Erckmann-Chatrian, à Fraize, dans les Vosges, Eugène Mathis, dont le maréchal Lyautey a fait un vibrant éloge à une de nos séances et ensuite... un lauréat de l'Académie Française.

« L'année suivante, c'était un excellent directeur d'école à Nancy, M. Bouchot, dont l'anthologie lorraine fut récompensée par notre donation et un magnifique portrait dessiné par notre ami Friant. En 1927, au cours d'une belle cérémonie, à l'hôtel de ville de Metz, à laquelle assiste la municipalité nancéienne — fait unique et historique dans l'histoire des deux villes — nous remettons notre prix à J.-P. Jean, en même temps qu'une grande médaille de la Monnaie, voulant ainsi reconnaître la valeur de son action de propagande lorraine et nationale. Puis, ce fut Gobron, dont notre impartialité voulut faire un lauréat, les Meusiens Thierry et Frémont, de Verdun, dont la société a reçu solennellement la médaille d'argent des mains du député-maire Schleiter ; Robert Parisot, le savant et regretté professeur d'histoire lorraine de la Faculté de Nancy, déjà presque aveugle et guidé sur l'amphithéâtre des Lettres par les soins attentifs de sa distinguée compagne. Enfin, Fernand Rousselot, pour son ouvrage typiquement lorrain A l'ombre du Mirabellier, est couronné à Lunéville, non loin de la tombe où repose Erckmann, dont Emile Hinzelin retrace avec émotion la vie dans la cité de Stanislas Leszczynski.

« Puis la coquette petite cité de Bayon nous accueille d'une façon charmante, à l'occasion de la remise du ruban rouge à Henri Gaudel, car il est notre lauréat et en semble tout heureux pour le succès de l'ouvrage primé Histoire de chez nous.

« L'année suivante, nous avons le plaisir de recevoir à Corny-sur-Moselle, premier village mosellan occupé par nos troupes victorieuses à l'armistice, le préfet Emile Roblot de Nancy, actuellement à Strasbourg, qui, avec une affectueuse amitié, me remet la Légion d'honneur au nom du président de la République Lebrun, qui nous accorde avec tant de bienveillance son haut patronage. A cette occasion, Maurice Garçot, auteur de Nancy La Ducale, reçoit le Prix Erckmann-Chatrian et reste d'autant plus sensible à cette attention que son frère, disparu prématurément, était docteur à Novéant, bourg voisin de ma résidence de la belle saison.

« A ce moment, il nous sembla nécessaire de procéder au remaniement de la Société Erckmann-Chatrian qui, pendant et après la guerre, avait accepté tous les membres de bonne volonté sans distinction d'origine ni de situation. Une assemblée générale fixa notre nouvelle raison d'être, qui se traduisit immédiatement par deux mesures dont nous devons nous féliciter : ne pouvaient plus être membres que des personnalités habitant la Lorraine, ce qui nous constituait un véritable état-major intellectuel dévoué exclusivement à notre petite patrie et les cotisations étaient doublées pour nous permettre d'attribuer chaque année une somme de 1.000 francs au lauréat du Prix Erckmann-Chatrian, ainsi qu'on le voit, Prix Goncourt des Marches de l'Est, que Grosdidier de Matons vient de recevoir avec éclat, au cours d'un brillant déjeuner à Nancy, capitale de la Lorraine et Athènes de l'Est. »

Les candidats au prix Erckmann-Chatrian doivent être Français, nés en Lorraine, ou l'habitant. Les candidatures doivent être présentées avec l'envoi d'un extrait de naissance et de deux exemplaires ou épreuves d'imprimerie d'un ouvrage en prose se rapportant à la Lorraine, avant le 1er octobre, à M. Georges Sadler, président du Comité Erckmann-Chatrian à Novéant-sur-Moselle.

Il est rappelé que le jury du Prix Erckmann-Chatrian est composé de MM. Pierre Boyé, René d'Avril, René Delaunay, Grosdidier de Matons, Emile Nicolas, Fernand Rousselot et Georges Sadler.

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