La Semaine
Metz. Prix Erckmann-Chatrian : le Goncourt lorrain sacre Adrien Genoudet
lundi 3 novembre 2025 · signé Fanny PERRETTE
Pour sa 96e édition, le Goncourt lorrain plébiscite l’histoire d’une passion amoureuse contrariée sur fond de guerre d’Indochine. Avec Nancy-Saïgon, déjà primé au Livre sur la Place, Adrien Genoudet s’offre le luxe d’une double reconnaissance locale.

C’est une histoire vieille comme le monde. L’homme va à la guerre – ici en Indochine – ; la femme l’attend, elle, à Nancy. Il ne reviendra pas. L’intrigue aurait pu s’arrêter là si leur petit-fils n’avait pas mis la main sur la correspondance des deux amants dans un carton portant la mention Nancy-Saïgon (précisément, le titre du roman), en ouvrant le caveau familial. C’est cette fiction d’inspiration autobiographique signée Adrien Genoudet et publiée aux éditions Seuil, qu’ont consacré les jurés du prix Erckmann-Chatrian ce lundi 3 novembre 2025, après deux heures de délibération à l’hôtel de ville de Metz.
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« On a beaucoup hésité. Ce fut un choix difficile. »
Fabienne Henryot, présidente du jury.
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Pour ce natif d’Essey-lès-Nancy, c’est une double consécration locale : en septembre déjà, il avait remporté le prix de la Feuille d’or de la Ville de Nancy, au Livre sur la Place. « Ça m’a beaucoup surpris. Je suis très très heureux ! » lance de l’autre bout du fil, l’écrivain et réalisateur de 37 ans, aujourd’hui installé à Marseille. « C’est très émouvant pour moi car ce sont des prix en rapport avec le territoire. Je ne vis plus en Lorraine et pourtant, cela m’inspire de plus en plus. De m’être éloigné, je réalise à chaque fois que j’y retourne que je retrouve des sensations. La lumière, la temporalité. Des ressentis que j’avais étant enfant. »
Les coulisses de la délibération
Jusqu’au dernier moment pourtant, rien n’était joué. « On a beaucoup hésité. Ce fut un choix difficile », commence la présidente du jury Fabienne Henryot. Car un autre ouvrage lui disputait la première place : Des beaux jours qu’à ton front j’ai lus, une biographie de la poétesse itinérante et comédienne Marceline Desbordes-Valmore, rédigée par Céline Lapertot et éditée chez Viviane Hamy. « Il n’y en avait pas un meilleur que l’autre. Ce sont deux approches littéraires qui n’ont vraiment rien à voir. Ils sont tous deux de grande qualité », tranche la présidente. Mais après la joute oratoire : « On vote. C’est vraiment la démocratie. »