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Revue de presse · Prix Erckmann-Chatrian 1951

Le Républicain lorrain

En plein cœur du Barrois : Le Comté et la ville de Ligny-en-Barrois, par le chanoine Joignon

vendredi 7 mars 1952 · p. 4 · signé R. B.


Le chanoine Joignon (Le Républicain lorrain, 7 mars 1952).
Le chanoine Joignon (Le Républicain lorrain, 7 mars 1952).

L'été dernier, nous avons eu l'occasion de présenter le premier volume de ce savant travail qui a trouvé une consécration méritée en étant récemment couronné par le XXIIe Prix Erckmann-Chatrian.

M. le chanoine Joignon nous livre la suite de son étude, de la même veine que le précédent tome tant par les dimensions matérielles — plus de 700 pages — que par le texte qui explore le passé de Ligny, aujourd'hui assoupie sous tant de gloires, depuis le XIVe siècle jusqu'à nos jours.

L'ouvrage s'ouvre par une brillante synthèse sur Pierre de Luxembourg, le plus saint et le plus illustre des enfants de Ligny puisqu'il parvint au cardinalat après avoir joué un rôle important dans la chrétienté. Notre-Dame des Vespes, patronne de la cité meusienne, est le pendant de cette étude hagiographique que prolonge l'examen approfondi des établissements religieux et de charité, qui furent bien nombreux.

Puis l'auteur brosse une belle fresque de la vie à Ligny à travers les âges. Rien n'a été laissé dans l'ombre : us et coutumes, noms et sobriquets, vêtements et table, activité économique, tout est projeté en bonne lumière, fouillé avec maîtrise.

On s'arrête un bon moment à l'évocation de la Révolution de 1789 où, reprenant la thèse de l'académicien Gorce, l'auteur montre qu'elle trouve une application à Ligny. Gorce a lancé cette idée maîtresse à savoir que la Révolution a été surtout menée par les curés de France qui commirent l'erreur d'en abandonner les commandes une tourbe d'aventuriers plus désireux d'émancipation morale que de réforme gouvernementale. Affirmation qui trouva confirmation à Ligny ville sacerdotale, petite Rome où vivaient une légion de prêtres plus ou moins actifs.

Aérée par de nombreuses subdivisions, rehaussée par de belles illustrations, cette œuvre de maîtrise où la savante érudition a su ne pas s'enfermer dans un vocabulaire pédant, est sans conteste un riche monument que le chanoine Joignon, à force de patience, a élevé au terroir lorrain.

R. B.

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