L'Écho de Nancy
Le Désastre français
dimanche 17 novembre 1940 · p. 1-2 · signé Martin DE BRIEY
[…] C'est dans l'exil que l'homme entend le mieux la voix attractive des petites patries perdues. Quand retrouverai-je ma Lorraine familiale !... Un mot de Georges Sadler me fixait à la mi-mai la date probable de la solennité au cours de laquelle devait m'être remis, avec la médaille de vermeil de la ville de Nancy, le prix Erckmann-Chatrian — notre Goncourt lorrain — attribué en novembre, à l'unanimité, à mon dernier roman : « Le Jardin de Vaudémont ». Cette grande fête devait avoir lieu à Nancy, notre capitale historique. Georges Sadler me faisait prévoir la présence du président Albert Lebrun. J'attends chaque jour confirmation. Mais cette manifestation régionaliste est-elle possible dans les circonstances actuelles ?
Nous entrons dans le neuvième mois de la guerre. […]

⚠ Journal publié sous l'Occupation, sous contrôle allemand (imprimé à Neustadt an der Weinstrasse). L'auteur écrit dans l'exil, vers avril 1940 (neuvième mois de la guerre, campagne de Norvège), dans une petite ville dominée par le château des ducs d'Épernon transformé en pénitencier pour jeunes filles (= Cadillac, Gironde).