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Logo du Prix Erckmann-Chatrian Prix Erckmann-Chatrian Le Goncourt lorrain · depuis 1924
Revue de presse · Prix Erckmann-Chatrian 1933

Le Messin, journal républicain démocrate

Une belle cérémonie lorraine

dimanche 13 mai 1934 · p. 2


Le préfet Roblot remet la Légion d'honneur à M. Georges Sadler, qui décerne le Prix Erckmann-Chatrian à M. Maurice Garçot

Pour ses vingt années d'existence, la Société Erckmann-Chatrian était à l'honneur hier, fêtée comme il convient sur les rives mosellanes, chères au poète latin Ausone.

De nombreuses personnalités nancéiennes et messines, répondant à l'amicale invitation de M. Georges Sadler, se sont retrouvées dans la jolie salle du pont de Corny, délicatement décorée, dont MM. Emile Roblot, préfet de Meurthe-et-Moselle ; M. Alfred Bachelet, membre de l'Institut ; Victor Prouvé, directeur de l'Ecole des Beaux-Arts ; Pierre Boyer, président des Ecrivains lorrains ; Emile Nicolas, vice-président de la Société Erckmann-Chatrian ; Delaunay, directeur du Conservatoire et président de l'Académie de Metz ; Seltzer, directeur du Messin ; Garçot, de l'Académie Stanislas ; Albert Hinzelin, de la Chambre de Commerce de Nancy ; René d'Avril, vice-président de la Presse de l'Est ; Pierre Hinzelin ; Maurice Lunaud et Al. Vautrin, du S. H. C. L., etc. Le Préfet Carles et le Maire de Nancy n'ayant pu se dégager d'obligations antérieures, avaient tenu à adresser leurs vifs regrets de ne pouvoir s'associer de vive voix à cette manifestation faite en l'honneur de la Lorraine et d'un de ses meilleurs fils.

Le menu, remarquablement présenté par un cordon bleu messin, fut goûté à souhait au milieu de la plus vive cordialité, et à l'heure des toasts, le préfet Roblot se lève et adresse à M. Georges Sadler un discours vibrant et fait un long éloge du lorrain distingué que le gouvernement vient d'honorer en le nommant chevalier de la Légion d'honneur, et lui accroche, au milieu des applaudissements, la croix, en lui donnant l'accolade au nom du président de la République. C'est ensuite Emile Nicolas, qui tient à exalter l'œuvre agissante du nouveau légionnaire, depuis plus de vingt ans, en faveur de l'Alsace et de sa chère Lorraine, semblant toujours atténuer la portée de son dévouement par un léger détachement, sorte de délicatesse spéciale au vrai Lorrain. Aussi pour témoigner des sentiments de ses amis et de la Société qu'il représente, Emile Nicolas remet à son vieil ami une coupe de toute beauté, œuvre de son frère, le verrier d'art Paul Nicolas, qui, lui-même, présente à Mme Sadler une exquise création, pendant que le bon photographe Prillot prend des clichés.

Devant tant de marques d'affectueuse sympathie et d'éloges, Georges Sadler se lève, très ému, pour exprimer d'abord au Préfet Roblot toute sa gratitude, et dit que la plus belle récompense, qu'il a recueillie de son action en faveur de l'Alsace et de la Lorraine, que ses parents ont quittée en 1871, c'est de pouvoir habiter une partie de l'année la jolie vallée de Gorze et recevoir aujourd'hui en terre redevenue française.

Une autre joie lui a été donnée par les amis qui l'entourent et qui ont voulu lui laisser un témoignage aussi artistique que précieux de cette réunion au cours de laquelle il remplit un devoir qui lui tient au cœur, de remettre le prix Erckmann-Chatrian au nouveau lauréat, Maurice Garçot, dont le regretté frère, le docteur, fut son ami pendant quinze ans à Novéant-sur-Moselle. C'est au milieu des applaudissements que cette jolie manifestation se termine, pour faire place, à quatre heures, à l'assemblée générale de la Société Erckmann-Chatrian, à laquelle tous les membres de la Société ont été convoqués.

Assemblée générale de la Société Erckmann-Chatrian

En présence de la plupart des personnalités citées déjà, M. Georges Sadler présente un certain nombre d'excuses dont celles de MM. les maires de Nancy et Metz, Brun, Fernand Rousselot, Gaudel, docteur Schmitt, etc., et il ouvre la séance, assisté de MM. Nicolas, Boyer, D'Avril, en exposant, dans un court rapport moral et financier, la nécessité de faire la compression de la Société Erckmann-Chatrian en Comité régional, à cause de l'usurpation du titre de la Société par un groupement phalsbourgeois, ce qui a créé de regrettables confusions auxquelles on a mêlé le chef de l'Etat ; la carence de la Banque Renauld, où la Société avait son compte courant depuis sa fondation, motive également cette mesure. Actuellement, la situation financière se rétablit et il s'agit de grouper au nouveau Comité cinquante personnalités habitant la Lorraine pour que l'œuvre créée il y a vingt ans, et qui donne tant de preuves de vitalité, puisse continuer avec succès. Le principe de ces déclarations étant adopté, on passe à l'approbation des nouveaux statuts, qui portent la cotisation annuelle à vingt francs, et trois cents fr. comme membre bienfaiteur, et le prix Erckmann-Chatrian de cinq cents à mille francs si possible. Les clauses d'admission des nouveaux membres, la constitution du bureau et des commissions sont adoptées à l'unanimité, ainsi que leur élection pour trois années, ainsi qu'il suit :

Président : Georges Sadler ; vice-présidents : Pierre Boyer, Emile Nicolas ; secrétaire-trésorier : Charles Seltzer, directeur du Messin ; commission des finances : Pierre Hinzelin, Maurice Lunaud, E. Prillot ; commission littéraire : Pierre Boyer, Emile Nicolas, René Delaunay, René d'Avril, Fernand Rousselot. Les commissions seront présidées par le président en exercice.

Avant de lever la séance, le président adresse à tous ses remerciements pour cette nouvelle marque de confiance et assure qu'il continuera l'œuvre entreprise en 1913. Il propose de nommer par acclamation leur éminent compatriote Emile Hinzelin président d'honneur et de lui adresser un télégramme de félicitations et de sentiments de fidélité reconnaissante pour le haut concours qu'il n'a cessé d'apporter au groupement pendant vingt ans.

La séance est levée au milieu des marques d'approbation et de satisfaction pour cette belle journée consacrée à la Lorraine.

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