L'Est républicain
M. Fernand Rousselot reçoit le Prix Erckmann-Chatrian 1931
vendredi 15 mai 1931 · p. 2 · signé Raoul DECELLAS
Une belle manifestation littéraire à Lunéville
La Société Erckmann-Chatrian a tenu son assemblée générale, dimanche après-midi, à 15 heures, au salon des Halles, à Lunéville.
Cette réunion fut dépourvue de tout caractère administratif car, à l'ordre du jour, figuraient : la remise du Prix Erckmann-Chatrian de 1931 à notre collaborateur et ami Fernand Rousselot et une conférence de M. Emile Hinzelin sur : Erckmann-Chatrian à Lunéville.
Autour de M. Fenal, conseiller général, maire de Lunéville, qui présidait, avaient pris place : MM. les adjoints Gaspard et Charles Fleurant ; Emile Hinzelin, président de la Société Erckmann-Chatrian ; Georges Sadler, directeur ; Emile Nicolas, vice-président ; le général Bonnet, commandant la brigade de dragons à Lunéville ; Pierre Boyé, président des Ecrivains lorrains, secrétaire perpétuel de l'Académie de Stanislas ; René d'Avril, rapporteur de la Société Erckmann-Chatrian ; Hochstetter, neveu d'Emile Erckmann ; Léopold Bouchot, directeur de la cité universitaire, membre correspondant de l'Académie de Stanislas ; le colonel Hellé. MM. Jacques Henry, sous-préfet de Lunéville, et Georges Mazerand, député, s'étaient fait excuser.
Au premier rang de l'assistance, très nombreuse, on notait la présence de Mme Fernand Rousselot et de la famille de ce dernier.
Dès l'ouverture de la séance, M. Fenal prend la parole. Au nom de la ville, il salue M. Pierre Boyé, enfant de Lunéville et élégant historien, souhaite la bienvenue à MM. Sadler et Hinzelin et adresse l'expression de sa profonde sympathie à Fernand Rousselot, qu'il félicite, et en la personne de qui nous honorons, dit-il, la fidélité au terroir.
Puis M. Georges Sadler, au nom de la Société, remercie M. le maire de Lunéville d'avoir bien voulu présider cette assemblée. Il souligne aussi la féconde activité de la Société et sa situation très satisfaisante. Enfin, il soumet à l'assemblée la réélection des membres sortants et l'élection de Fernand Rousselot : cette proposition recueille l'unanimité des suffrages.
A son tour, M. René d'Avril retrace rapidement les étapes parcourues par Fernand Rousselot et, rappelant son œuvre, s'efforce d'en fixer la vertu et l'indéfinissable saveur. Il fait revivre, dans une langue imagée, de nombreux passages des contes de Fraimbois, des Couarails de Paix et de Guerre, du Sel de nos Salines, de Nos Gens, ces deux magnifiques albums, édités en collaboration avec le jeune maître du crayon Jean Scherbeck et préfacés, le premier par le maréchal Lyautey, le second par M. Louis Madelin, de l'Académie Française.
Enfin, c'est le dernier né : « A l'ombre du Mirabellier », où s'épanouit la puissance évocatrice de l'écrivain.
Fernand Rousselot, poursuit M. René d'Avril, manie trois langues : le patois, le parler dialectal et le français. C'est un virtuose de la grande race des conteurs. Son œuvre s'affirme sérieuse, forte et durable. Et l'on peut répéter à son sujet le mot fameux : On s'attendait à trouver un auteur, on trouve un homme... un homme de chez nous.
M. Sadler remet alors le prix Erckmann-Chatrian au barde lorrain, dont nous nous faisons un plaisir de reproduire, ci-après, la très belle réponse :
Discours de M. Fernand Rousselot
Mon cher Emile Hinzelin,
Messieurs les Membres du Comité de la Société Erckmann-Chatrian,
Mon cher René d'Avril,
Mesdames, Messieurs,
Il est dans la vie des rapprochements singuliers !
Qui m'eut dit, il y a trente-cinq ans et plus, alors que jeune collégien, j'allais faire visite à Emile Erckmann, dans la petite maison qu'il habitait rue de l'Est et qui appartenait à mon père, qu'un jour, la société créée pour aider à la diffusion des Romans Nationaux m'attribuerait le prix qui porte son nom !
J'ai conservé précieusement ce souvenir de jeunesse... Je revois le doux vieillard, au clair visage, orné d'une barbiche blanche — ce vieux républicain ne répugnait pas à porter l'impériale — assis dans son fauteuil, près de la fenêtre, au milieu de ses grands chiens familiers, et fumant à petites bouffées gourmandes une pipe en terre qu'il remplaçait tous les jours...
L'accueil d'Emile Erckmann était plein de bonhomie et de charme. Il me parlait de mes études, s'intéressait aux nouveaux programmes de l'enseignement secondaire.
Je lui répondais toujours avec un tremblement dans la voix car il m'impressionnait beaucoup.
Rentré à la maison, je m'enfermais dans ma chambre et, délaissant des devoirs qui m'assommaient, je dévorais l'Ami Fritz, Mme Thérèse, Le Conscrit de 1813, le Brigadier Frédéric, le Fou Yégof. Pris à la glu de ces récits si colorés, si savoureux, simples comme la vie, je devenais moi-même par la grâce du mimétisme cher aux jeunes et pour quelques heures, Melchior, Franz Lepel ou Kobus, et pour que l'illusion fut complète, je fumais aussi du gros tabac dans une pipe en terre...
Faut-il voir dans cette admiration que je professais alors pour l'œuvre du vieux maître la cause de mon orientation dans la voie du régionalisme ! C'est possible. Les coutumes locales, notre tradition lorraine, notre parler dialectal aussi m'avaient séduit à ce point que, quelques années plus tard — je n'avais pas 19 ans — je commençais pour l'éditeur Bastien, la série des Contes de Fraimbois.
Eloigné pendant de longues années de mon vieux Lunéville, empoisonné par la politique, en proie aux pires outrances de plume, participant aux tumultes de la rue, je dispersai mon activité en pamphlets aussi injustes que virulents, n'épargnant rien ni personne, m'attaquant souvent aux meilleurs. Ce n'est pas vous, mon cher Emile Hinzelin, qui me démentirez !
L'heure enfin sonna des nécessaires apaisements. Ma bonne province me reprit tout entier.
On me permettra de ne point insister sur les productions littéraires que le très distingué rapporteur de la Société Erckmann-Chatrian, vice-président des Ecrivains Lorrains, mon confrère René d'Avril, a appréciées tout à l'heure avec une bienveillance dictée par l'amitié.
Je profiterai seulement de l'occasion qui m'est offerte pour exposer brièvement, non pas ma conception du régionalisme, mais la formule régionaliste qui m'a toujours inspiré dans mon travail.
Cette formule pourrait se résumer en quelques mots : ne pas interpréter la province suivant les caprices de l'imagination, de la sensibilité ; ne pas chercher à rendre une certaine image de soi-même à travers ses paysages ; ne pas essayer de construire une Lorraine idéale, une Lorraine à soi. Cela, c'est du régionalisme intellectuel dont je ne me permettrai de discuter ni la grâce ni la vertu. Je m'en suis tenu au régionalisme réaliste. Il m'a suffi d'ouvrir les yeux, de scruter des horizons, de noter des aspects, de me mettre délibérément dans la peau de mes personnages et d'oublier en même temps que j'y étais, de pénétrer la psychologie de nos gens en les écoutant et en me penchant sur leur cœur. Je n'ai pas inventé ma province, je l'ai regardé couler...
Ce n'est pas là, certes, divertissement de grand seigneur, c'est labeur d'ouvrier.
Dans la préface d'un de mes premiers ouvrages, je défendis cette formule contre Maurice Barrès lui-même qui, n'entendant pas notre parler dialectal, le considérait comme un facteur régionaliste complètement négligeable.
En 1909, l'auteur des Déracinés recevant Jean Richepin à l'Académie Française, parlait du retour à la province :
« Aujourd'hui, disait-il, le retour à la province est de mode. Mais voilà justement ce qui m'inquiète. Je crains que l'on ne fasse bientôt du régionalisme comme nos pères faisaient leur temps de mélancolie romantique. Me sera-t-il permis de jeter un cri d'alarme ? Prenons garde qu'un entraînement un peu frivole ne fasse dévier un mouvement qui pourrait être une renaissance...
« Il y a tant de façons d'entendre ce retour à la province ! Certains se pâment devant la nature ; d'autres, s'attendrissent sur des meubles rustiques ; d'autres répètent avec complaisance des mots patois, d'autres, enfin, se donnent pour mission de maintenir nos variétés culinaires : quiches et potée lorraine, brandades provençales, ballotins de Périgueux, cassoulet de Toulouse et de Carcassonne. J'en passe, et des meilleurs. Tout cela n'est pas essentiellement la province ! »
Assurément. Mais, qui l'a jamais prétendu ? Barrès poursuivait :
« C'est peu d'amuser nos yeux avec des poteries, des costumes, et de frapper nos oreilles avec des mots de terroir plus ou moins bizarres. Si nous admettons ces singularités dans la haute littérature, c'est sous la condition qu'elles s'y présentent avec un sens plein, qu'elles soient intelligibles, je veux dire qu'elles offrent une matière à la pensée. Pour l'indigène, elles ne sont pas des curiosités, mais comme autant de témoins et de portraits de famille. Gardons-leur cette dignité. En faire de simples curiosités pittoresques, c'est les dépouiller de la puissance d'émotion, de toute la vertu qu'elles contiennent. La province n'est pas un bibelot. La province, chaque province de France, c'est une façon de sentir, c'est un lien avec le passé, un principe de solidarité morale. »
Le couplet est joli, certes, et nous souscrivons à ses dernières formules, concises et saisissantes. Mais nous avouons ne pas comprendre le hautain désaveu que Barrès inflige à ceux qui se pâment devant la nature, par exemple.
La nature, c'est-à-dire nos horizons familiers, nos coteaux modérés, nos rivières, l'aspect très particulier de nos plaines, la couleur de nos terres et de nos toits, tout cet ensemble chargé de passé n'émeut-il pas au plus haut point notre sensibilité et n'apparaît-il pas comme un des liens les plus forts qui nous attachent à notre province ? Eh ! quoi, n'est-ce pas sur la Sainte Colline de Sion-Vaudémont que Barrès a compris son pays et sa race, vu son poste véritable, le but de ses efforts, de sa prédestination ?
Lisons-le :
« Voici la Lorraine et son ciel, le grand ciel tourmenté de novembre, la vaste plaine avec ses bosselures et cent villages pleins de méfiance. O mon pays, ils disent que tes formes sont mesquines ! Je te connais chargé de poésie... Plus que tout au monde, j'ai cru aimer le Musée du Trocadéro, les marais d'Aigues-Mortes, de Ravenne et de Venise, les paysages de Tolède et de Sparte ; mais à toutes ces fameuses désolations, je préfère maintenant le modeste cimetière lorrain où, devant moi, s'étale ma conscience profonde... »
Eh bien ! mais voici, précisément, une profession de foi très belle et combien fervente !
Quelle différence trouvez-vous entre l'amoureux de la nature et le maître lui-même, nous entraînant à sa suite dans son délicieux vertige ? Ne vient-il pas de nous placer dans le cadre où il avoue avoir trouvé son poste véritable ?
Dans ce cadre nettement limité, il y a des hommes qui vivent en contact étroit, permanent, avec la nature. Dans leurs maisons basses, dans leurs poêles, qui ont abrité l'existence des générations successives, de vieux meubles, témoins du passé, rappellent le souvenir des ancêtres, semblent enclore l'âme des disparus, et ces hommes — nous y voici — s'expriment dans un langage qui reflète la rudesse de leurs travaux, la malicieuse humeur, leurs nuances d'âme. Ce langage n'est-il pas, au premier chef, une façon spéciale de sentir, un lien avec le passé, un principe de solidarité morale !
Parce qu'il ne le comprenait pas, ce langage, Barrès devait-il le reléguer au rang des accessoires surannés et, comme il dit : des curiosités pittoresques ?
Bien sûr, les fantaisies grammaticales de notre patois souvent déconcertent, et l'orthographie figure difficilement certains de ses sons. Bien sûr, il sert souvent à traduire les côtés vulgaires de l'existence. Populaire, il manque de termes propres à exprimer les idées générales, à traiter des sujets d'ordre intellectuel ou moral.
Il serait ridicule d'en vouloir extraire autre chose que ce qu'il contient. Mais, ce qu'il contient, — laissons-le lui, — ce sont des goulées de rire, de la joie franche et drue, et aussi des supplications, des prières et des larmes ; il est savoureux, il est puissant, il est la vie même...
La tournure de son esprit éloignait Barrès des nécessités un peu basses et des situations hasardées dont notre parler expose souvent l'objet. Sa délicatesse s'offensait de la crudité de certaines images qui montre l'éloignement de nos pères pour l'art des périphrases. De là sa répugnance à considérer comme élément sérieux de notre vie provinciale le vieux dialecte de nos gens.
Nous ne pensons pas de même et estimons, au contraire, que le parler dialectal dont nous nous sommes efforcés à fixer l'esprit et le sens profond, est à la base du régionalisme. Cette conception est moins haute, certes, que celle magnifiquement exposée par l'auteur de la Colline Inspirée. Mais, tout de même, si notre verre est petit, nous buvons dans notre verre, et quand ce verre est plein d'un âpre vin qui râcle la gorge, mais sent bon la queue du raisin de chez nous, nous avons la certitude de goûter le parfum de notre terroir. Et quand, de surcroît, nous fleurissons notre langue de locutions archaïques, qui déchirent un peu les oreilles, il nous semble que nous sauvons d'un injuste oubli certaines façons de voir et de sentir, propres aux Lorrains, et que nous empêchons de s'éteindre le feu spirituel de notre province qui couve encore sous la cendre grise...
Ce régionalisme réaliste, auquel je me réfère, ne va pas sans comporter certains risques. Des puritains m'ont peu gracieusement reproché d'avoir publié des nouvelles d'une légèreté poussée, souvent gauloise ; d'avoir prêté à mes personnages un langage truffé d'expressions et de mots ne respectant pas toujours l'honnêteté.
J'aurais pu répondre, — mais, je m'en suis bien gardé, — que notre folklore est plein de ces histoires et, qu'au surplus, nos paysans ne sont ni des académiciens, ni des diplomates. Sans rechercher le trait truculent ou le mot cru, je ne l'ai jamais fui. Quand il ne pouvait, sans dommage, être remplacé par un autre, je l'écrivais sans le moindre scrupule.
J'eusse préféré, comme la Fifine qui vendit sa commode à l'antiquitaire, voir ma main doite se dessécher plutôt que d'édulcorer tel passage d'un conte et d'altérer ainsi sa robuste sève.
Le public lorrain a compris. Il m'a fait confiance. Au suffrage de la masse s'est ajoutée la consécration des lettrés, des délicats, qui se traduit aujourd'hui par cette manifestation d'affectueuse cordialité de la Société Erckmann-Chatrian.
Au surplus, il y a quelques jours, un prélat d'esprit large et de haute culture ne me donnait-il pas, dans les termes les plus charmants, son absolution. Me voici donc tout à fait rassuré et ma conscience, à cet égard, a recouvré la paix d'autant plus facilement qu'elle ne l'avait point tout à fait perdue.
Fort de ces approbations, je vais continuer avec un joyeux courage et, comme je le disais dans un compliment au bon poète Léon Tonnelier, je vais écrire encore :
Des fiauves où as qu'i n'é des mâmiches que [du yont] ; des tieuches que sinnont ; di s'lot qu'erlut su les royïns ; des galattes que coront dans les paquis ; des rus que chantont, des ohhés que s'campoussont dans les brinches ; de lè vahhou des grands bôs, des moteus endreumis par let femère des pâles ; des aitrèyes fleuries où asqu'erposont nos gens.
Je pèlerai ca di métin que hhaye su les ébépïntches di pruntemps, des di nouèyes, di nôre des idèyes quand i brussûne, de let chalou di temps des moissons ; di hhoviat de l'Ardenne dans les banons quand cheut let nâche ; de let grité des pays où as qu'on ne vè jèmè ; des piâttes étèyes, des ôlivettes des baicelles, des baicelles de chïn no, qu'ont des euyes de myotisse, des pouillattes que sentont lo jâne-vieulis, que sont si franches, si ervenantes, que quand on les biche sur let bouche, ç'a comme si on modjô dans eune mirâbelle...
Mesdames, Messieurs,
Je ne saurais clore cette allocution trop longue, sans adresser au comité de la Société Erckmann-Chatrian l'hommage de mon affectueuse gratitude pour le grand honneur qu'elle m'a fait : à vous, mon cher maître Emile Hinzelin, prince des Lettres Lorraines ; à vous Georges Sadler, si complètement dévoué à votre belle société ; à vous, Emile Nicolas, écrivain subtil et courailleur passionné ; à vous, René d'Avril, âme lyrique, ami d'élection, qui avez si aimablement oublié les imperfections de mon œuvre pour n'en retenir que la sincérité ; M. Pierre Boyé, mon compatriote lunévillois, président des Ecrivains Lorrains, grand historien de la cour de Stanislas ; M. Léopold Bouchot, directeur de la cité universitaire ; M. Edouard Fenal, maire de Lunéville et ses adjoints, MM. Fleurent et Gaspar ; M. Hœchletter, neveu de l'illustre romancier de Phalsbourg.
A cet hommage de reconnaissance, j'associerai mes collaborateurs, notre illustre compatriote Emile Friant ; Edmond Virtel délicieux imaygier du Couarail ; Jean Scherbeck, dessinateur prestigieux, dont les portraits sont des chefs-d'œuvre.
Et maintenant, régionalistes de toutes conceptions, de toutes formules, nous allons poursuivre notre tâche et continuer à célébrer notre province, chacun suivant la tournure de son esprit et le rythme de son cœur, sans oublier que si, souvent, des choses divisent, l'amour de la terre maternelle, l'amour du cougnat, toujours réconcilie.
Des applaudissements chaleureux et prolongés saluèrent ces dernières paroles. Ils redoublèrent lorsque Mme Fernand Rousselot reçut une éclatante gerbe de fleurs, hommage de l'amitié.
M. Pierre Boyé, au nom des écrivains lorrains, exprime au titulaire du prix 1931 ses félicitations personnelles et celles de ses confrères et, dans un style d'une précision et d'une souplesse attiques, analyse la manière de Fernand Rousselot et son influence au sein de Lunéville, cité royale.
Enfin, M. Emile Hinzelin traite du séjour d'Emile Erckmann à Lunéville. Auparavant, il rappelle qu'Erckmann n'aimait pas la littérature triste et conseillait sans cesse aux jeunes auteurs d'écrire des choses gaies.
Et, s'adressant à Fernand Rousselot : « Erckmann trouve en vous sa récompense, dit-il, en vous qui faites rire. »
Emile Erckmann, ajoute M. Hinzelin, est l'auteur que je connais le mieux et Lunéville est la ville que j'aime le plus. C'est là qu'Erckmann trouve, comme un baume bienfaisant, la réserve, la décence lorraine ; c'est là qu'il eut son apothéose.
Et M. Emile Hinzelin fouille Erckmann, nous le montre dans ses rapports avec les Lunévillois, se félicite de l'utilisation de ses œuvres, qui sont pour lui une véritable panacée et conclut par une invocation à la France où passe le souffle d'un lyrisme vibrant.
La causerie si pittoresque de M. Emile Hinzelin, empreinte d'une philosophie souriante, fut accueillie par de vifs applaudissements.
Et ce fut la fin.
Toute l'assistance vint ensuite présenter ses félicitations à Fernand Rousselot.
Nous adressons les nôtres, les plus cordiales, les plus affectueuses, à l'ami, à l'écrivain savoureux et délicat qui, dans la chaude intimité de la vie familiale, poursuit avec une ardeur juvénile son œuvre bienfaisante.
Raoul DECELLAS.