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Logo du Prix Erckmann-Chatrian Prix Erckmann-Chatrian Le Goncourt lorrain · depuis 1924
Revue de presse · Prix Erckmann-Chatrian 2019

L'Echo des Vosges

Le Prix Erckmann-Chatrian à Remiremont (suite)

jeudi 8 octobre 2020 · signé Jean-Claude BIGORNE


En Une du journal : Christophe Naegelen, député ; Jean Hingray, maire de Remiremont ; Bernard Visse ;  Dominique-François Bareth ; Isabelle Laurent ; Isabelle Flaten (photo JCB).
En Une du journal : Christophe Naegelen, député ; Jean Hingray, maire de Remiremont ; Bernard Visse ; Dominique-François Bareth ; Isabelle Laurent ; Isabelle Flaten (photo JCB).

Revenons sur la cérémonie de remise du prix Erckmann Chatrian aux trois auteurs, Isabelle Flaten, Dominique-François Bareth et Isabelle Laurent le samedi 26 septembre dernier, dans le Grand salon de l’Hôtel de Ville de Remiremont.

Avant de présenter les ouvrages des lauréats, le président du Comité Erckmann Chatrian, Bernard Visse, a rappelé l’historique du célèbre prix :

... C’est en juillet 1913 que tout commence. L’écrivain Émile Hinzelin, membre de l’Académie Française, et Georges Sadler, musicien, homme de Lettres, réunissent à Nancy une vingtaine de personnalités lorraines. Ils leur proposent la création d’une Société Erckmann-Chatrian. Cette société se mettra au service de la défense et de la promotion de la langue française dans les pays annexés, notamment en y diffusant les œuvres populaires d’Émile Erckmann et d’Alexandre Chatrian. L’idée est bien accueillie. Georges Sadler demande audience au Président de la République Raymond Poincaré qui le reçoit en novembre et approuve le projet. Le 16 janvier 1914, la Société Erckmann-Chatrian est officiellement créée. Président : Émile Hinzelin. Administrateur-délégué : Georges Sadler. Présidents d’honneur : Maurice Barrès et le maréchal Lyautey. Durant la première Guerre mondiale, la Société se consacre au soutien des réfugiés lorrains et alsaciens, distribue quelque 5000 livres d’Erckmann-Chatrian aux écoles et hôpitaux. Elle organise des conférences, des représentations théâtrales et autres manifestations culturelles pour rassembler les fonds nécessaires à ses activités. En 1925, la Société, devenue Comité, décide la création d’un prix littéraire qui sera décerné chaque année, en novembre, par un jury composé de personnalités littéraires des quatre départements lorrains et remis solennellement au lauréat au printemps suivant. Pourront concourir les auteurs d’origine lorraine ou lorrains d’adoption, et les écrivains non lorrains qui ont publié un ouvrage de valeur sur un sujet lorrain. En novembre 1925, son premier lauréat se nomme Eugène Mathis. Il est de Fraize, dans les Vosges. Auteur des Héros de Fraize, il reçoit son prix des mains du maréchal Lyautey en personne. À la suite d’Émile Hinzelin, Georges Sadler présidera le Comité Erckmann-Chatrian de 1925 jusqu’à sa mort en 1958. Lui succéderont le professeur Albert Schneider (1958-1988), Roger Bichelberger (1989-1998 ; nous avons eu la douleur de perdre l’an passé), Michel Caffier (1998-2004), Philippe Claudel (2004-2005), Gaston-Paul Effa (2006-2008), Gilles Laporte (2009-2015) et, depuis 2015, votre serviteur. Soutenu par les collectivités locales et territoriales de Lorraine, le Prix Erckmann-Chatrian a été attribué très régulièrement. Juste conséquence de sa qualité, il a acquis très vite une belle notoriété nationale. Dès 1945, la presse parisienne le baptisait : le Goncourt lorrain. Fidèle à sa tradition de promotion de la culture française issue de Lorraine, le Comité Erckmann-Chatrian a créé en 1989 et en 1993 deux autres prix, permettant de couvrir un champ plus vaste de la création littéraire et de la recherche, et de révéler de nouveaux talents : la Bourse Histoire et la Bourse Lorraine. Au service de notre Pays et de son patrimoine, le Comité Erckmann-Chatrian a franchi le cap de son centième anniversaire avec la conscience d’incarner des valeurs humaines fortes...

Les trois lauréats (photo JCB).
Les trois lauréats (photo JCB).

Isabelle Flaten et son ouvrage « Adelphe »

Ce monde qu'a choisi de dépeindre la Nancéienne Isabelle Flaten, dans “Adelphe” est à la fois proche et lointain. Lointain dans le temps, puisqu'on parle ici de l'immédiate après-guerre mondiale, flottant dans un espace non indentifié, jamais nommé une paroisse qui pourrait se nicher au creux de n'importe quelle bocage, adossée à n'importe quelle forêt. Des lieux en apparence limpides, mais où, au sein des petites communautés qui les font vivre, cristallisent les passions humaines. C'est là qu' Adelphe, le pasteur, vient exercer son ministère. Adelphe, qui n'est pas un héros, bien qu'il ait courageusement affronté les tranchées et la boue de la Grande Guerre; Adelphe qui est, malgré son ministère, n'a pas la fibre prosélyte, mais au contraire un être marqué par le doute : doute « de presque tout et de réussir à trouver sa place sur terre par-dessus tout ». Sa conviction profonde, celle qui l'anime, c'est l'œcuménisme, et c'est lui qu'il prêchera avec son ami, Marcel, le prêtre catholique: « la ressemblance par-delà les nuages et les préjugés…

Dominique-François Bareth et son livre « La décision secrète d'Eisenhower »

La décision secrète d'Eisenhower, paru à la Nuée Bleue, n'est pas le énième livre sur la Seconde Guerre Mondiale, plus spécifiquement sur l'automne et l'hiver 1944, la fin de la libération de la France et l'invasion de I'Allemagne. II nous rappelle un moment qui a bien souvent été oublié. A la conférence de Bruxelles, le 18 octobre 1944, le commandant en chef Eisenhower veut la fin de la guerre pour la fin de 1944. Comment faire? Une attaque pointue vers le cœur de l'Allemagne comme une sorte de flèche? Un large front sur toute la frontière comme une sorte de vague? Que faire? II faut tenir compte des réalités. Réalités militaires et logistiques car, tous les jours, il faut des milliers de tonnes d'essence, de munitions ... Réalités politiques car les Anglais ne veulent pas être au second plan, ils veulent une zone d'opération importante. Eisenhower tranche: il y aura une vaste attaque de la Mer du Nord au Rhin. Une avancée collective en novembre. Mais, rapidement, l'offensive piétine: les Anglais s'empêtrent dans les plaines belges, les chars de Patton se bloquent devant Metz ... La machine alliée semble enrayée…

Isabelle Laurent et son ouvrage « Marraine du Djebel »

Isabelle Laurent est sans doute la plus effacée des auteurs lorrains, effacée jusqu'à la retenue, ce n'est pas ce qui caractérise le monde d'aujourd'hui, tapageur et médiatique… Tout aura commencé par vous Pierre, vous qui avez quitté votre terre vosgienne pour une guerre au-delà de la méditerranée, en Algérie. Vous avez quitté votre terre ... que dis-je ? Vous nous apprenez qu'un vosgien ne quitte pas sa terre, il l'emporte avec lui. La terre est le lieu du retour et de l'éveil aux choses et aux êtres. La terre est donc le profond motif autour duquel s'organise toute l'architecture de « Marraine du Djebel». A la fois le foyer et la fumée qui s'en exhale, qui le révèle et qui, dirait-on du même coup, l'apaise. La terre des Vosges, la terre natale, la terre patrie, la secrète et profonde origine, l'enfance, l'air respiré, la langue des vivants et l'humus des morts, le cœur vivant de la mémoire…

Toutes nos félicitations aux trois lauréats de ce prix Erckmann Chatrian 2019.
J.C B

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